Avec :

 

Interiors
1978

couleurs
1h31
Cité à l'Oscar du meilleur scénario original et du meilleur réalisateur.

Les projections

Kristin GRIFFITH
Mary Beth HURT
Diane KEATON
Geraldine PAGE
Maureen STAPLETON
Sam WATERSTON
E. G. MARSHALL
Richard JORDAN

Directeur de la photo :
Gordon WILLIS

Costumes :
Joël SCHUMACHER

Musiques :
Thomas " Fats " WALLER
Andy RAZAF
Tommy DORSEY…

 

 

Synopsis
A l'aube de la retraite, Arthur (E.G. Marshall), décide de quitter son épouse Eve (Geraldine Page), pour profiter des quelques années qui lui restent à vivre avec sa maîtresse, Pearl (Maureen Stapleton). Cette crise met en lumière les problèmes personnels, parfois comparables, que connaissent au même moment leurs trois filles, Flyn, Joey et Renata, qui acceptent mal la situation. Entourée des souvenirs de son bonheur passé, la mère décide de se noyer dans l'océan voisin.. Sa mort apaise les esprits et restaure l'unité familiale disparue.
Woody Allen imprime ici une nouvelle orientation à son œuvre et rend hommage au cinéaste qu'il vénère le plus, Ingmar Bergman, qui réalise à la même époque Sonate d'automne.

 
   
  La critique
Deux, trois plans silencieux d'un intérieur désert, clair, pesant, ouvrent ce film magistral. Trois femmes à la fenêtre d'une demeure vide, en face d'une plage apaisée, le ferment. Souvent, entre les premières images envoûtantes, et la dernière, pathétique, une émotion profonde, sourde, vécue, nous saisit, près des larmes…
Une famille vient de vivre un drame. Au seuil de la cinquantaine, un homme, Arthur, a annoncé brusquement sa décision de briser son mariage, de quitter Eve, la femme qu'il aimait. Eve, dont le passé est constellé d'insatisfactions et de déprimes, accuse le coup, refuse d'accepter la rupture, replonge dans une dépression galopante… tandis que ses trois filles cognent contre les quatre murs de leurs souvenirs et de leur présent d'irrémédiables angoisses. Elles sont asphyxiées par le sort lamentable de leur mère, et les difficultés qu'elles ressentent à imposer leur propre accomplissement…
Pour dramatique que soit cette histoire, elle n'en est pas moins traversée, sans que l'humour en soit exclu, par un souffle permanent qui nous fait retenir le nôtre. Intérieurs est un chef-d'œuvre. Des cinéastes de cette trempe-là, il n'en naît pas tous les jours.
 
 

Jean-Luc Douin
Télérama
décembre 1978