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" J'écris
très vite. Parfois, il me vient une idée, mettons, aujourd'hui
même
mais je ne peux pas écrire, parce que je suis
plongé dans la préparation d'un autre film. Alors j'attends
que le film soit fini, avant de me mettre à rédiger le nouveau
scénario et je garde l'idée en tête. Il m'arrive aussi
qu'après avoir terminé un film, je n'aie absolument aucune
idée pour le suivant. Dans ces cas-là, je vais m'enfermer
dans mon bureau le matin, et je me mets à réfléchir.
Je me force à travailler.
Quand j'attaque un scénario, je sais d'emblée, et presque toujours, quel sera le style de ma première image. Il peut m'arriver de faire des aménagements ultérieurs en fonction du décor, par exemple, mais je sais exactement par quel genre de plan je veux ouvrir le film. Certes, j'attaque parfois un scénario en ignorant encore quelle en sera la première image, mais dans ce cas-là, je prends le temps de trouver une image forte, qui vaille le coup, un plan saisissant. Après avoir terminé d'écrire le scénario (et de le réécrire intégralement à seule fin de m'assurer que tout fonctionne), je n'y touche pratiquement plus jusqu'au tournage. Je n'apprends pas mon rôle. Je relis vaguement le scénario quelques minutes avant de le tourner. Bien souvent, sur la plupart de mes films, je n'ai même pas de scénario. Je donne le scénario manuscrit à mes collaborateurs, qui en font des tirages qu'ils distribuent à tout le monde, mais moi je n'en ai jamais un exemplaire chez moi, ni ailleurs. Moins je travaille mon texte, plus je l'aborderai avec fraîcheur. "
Tout ce qui m'intéresse, c'est de travailler, de sortir un film que les gens puissent voir. Moi, je veux continuer à mouliner de la pellicule. J'espère rester en assez bonne forme, tant physique que psychique, pour travailler jusqu'au bout. A l'approche de la vieillesse, j'espère pouvoir considérer mon uvre en me Disant : " J'ai fait cinquante films D'excellents, de moyens et d'assez drôles ". Je veux éviter de me retrouver dans la position de certains de mes contemporains qui sortent un film tous les cinq ans, avec l'impression de produire un événement majeur. J'ai toujours pensé qu'un film s'écrit à toutes les étapes de sa réalisation. On écrit une première mouture, qu'on retravaille au moment du casting, on procède à certains aménagements on modifie encore quand on cherche les décors Je donne toujours le même exemple : pour Annie Hall, mon père était censé être un chauffeur de taxi, habitant le quartier de Flatbush, à Brooklyn. Or, un jour où nous roulions pour chercher d'autres décors, nous avons repéré la fameuse baraque construite sous les montagnes russes., j'ai aussitôt modifié le scénario en conséquence. J'aménage donc le scénario quand je fais le casting, au moment des repérages et parfois même simplement parce qu'il me vient une nouvelle idée. Il arrive aussi que le producteur me prévienne que nous ne pourrons nous permettre de tourner telle séquence comme je voulais la tourner. Je modifie donc le scénario sur le plateau, ou je l'aménage dans la salle de montage. Ça ne me pose aucun problème. Par exemple, je suis toujours ravi de prendre une scène qui était censée être la vingtième, pour en faire la première du film. Un film doit évoluer constamment." Citations extraites de |
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